Découvrez le parrain #EDO2020 : Olivier MÉRIL

 Olivier MÉRIL, Président de MV GROUP est le parrain du salon Entreprendre dans l'Ouest.

 Spécialiste depuis plus de 30 ans dans les médias et passioné par les entrepreneurs, il met son énergie à les aider dans     leur développement d'entreprise et à faire monter en compétences leurs équipe.

 En 2010, Olivier a racheté Médiaveille une agence spécialisée dans les stratégies digitales. Celle-ci deviendra en quelques années un   des  acteurs   leader au niveau national et un groupe spécialisé dans le développement des entreprises et de ses collaborateurs. MV   Group  est aujourd'hui   composé de 260 talents.

 Retrouvez son interview en intégralité ci-dessous :

 

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« Autodidacte », voici le premier mot prononcé par Olivier Méril lorsqu’on lui demande de retracer son parcours. Il débute sa carrière professionnelle en tant que commercial à Precom Rennes et passe alors son bac en candidat libre. Son ascension est régulière et parsemée de challenges : chef de publicité puis d’agence, il est directeur d’agence à 30 ans puis Directeur Général et Fondateur de Precom Multimedia, la régie Internet de l'ensemble des sites du groupe Ouest-France de 2005 à 2009. La découverte d’Internet est une révélation et la passion d’Olivier Méril pour ce média déterminera la suite de sa vie professionnelle.

Au tournant de la quarantaine, l’envie d’entreprendre est le plus fort. Il se met en quête d’une entreprise à racheter, en lien avec la communication, le marketing, le digital… « En fait, tu cherches Mediaveille » lui rétorque en plaisantant Yohann Delahaye, aujourd’hui Directeur Général de l’entreprise. Sauf que l’entreprise n’est pas à vendre… Mais Christophe Potron, son fondateur, se trouve également à un tournant de sa vie professionnelle : le 1er janvier 2010, l’affaire est entendue et Olivier Méril est désormais Président de Mediaveille.  10 ans après, avec 11 agences en France spécialisées en webmarketing et acquisition, Mediaveille est le navire amiral de MV Group aux côtés de 7 autres filiales chapeautées par la holding et ses équipes supports. 10 ans après, MV group pèse 40 millions de chiffre d’affaires et emploie 250 collaborateurs.

Figure emblématique de l’entreprenariat breton, Olivier Méril accepte d’être le parrain de l’édition 2020 du salon Entreprendre dans l’Ouest. Entretien…

 

Pourquoi avez-vous accepté d’être le parrain du salon « Entreprendre dans l’Ouest » 2020 ? Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Erwan [NDLR : Erwan GALESNE, président du salon « Entreprendre dans l’Ouest », dirigeant CYIM] m’a appelé, c’est quelqu’un que j’apprécie et ça fait plaisir d’être sollicité pour un événement professionnel tel qu’ « Entreprendre dans l’Ouest ». C’est l’occasion de renvoyer quelque chose au territoire qui m’a permis de me développer. Je suis également attaché à la notion de parrainage qui me paraît importante : si je peux donner quelques clés de compréhension et éviter que des gens se prennent les pieds dans le tapis, c’est avec plaisir. Je suis pragmatique, et « cash » aussi : on est dans un pays où les gens connaissent mal l’économie et il y a parfois beaucoup de bruit et d’énergie mobilisée pour des résultats très mitigés. L’entreprenariat, c’est notamment se recentrer et comprendre les bases de l’économie pour avancer et ne pas être à côté de la plaque. J’espère pouvoir à cette occasion partager mon expérience : chacun en retiendra ce qu’il voudra et l’adaptera à sa propre vision de son entreprise.

 

Quel message voulez-vous adresser aux entrepreneurs bretons ?

J’ai appris qu’il n’y a pas de recette miracle et que chaque dirigeant est différent. Je n’aime pas donner des conseils sur la façon de gérer son entreprise. Je raconte mon cheminement mais chaque entreprise doit absolument ressembler à son dirigeant. Il faut faire de son mieux avec ce que l’on est.

Je peux raconter mon chemin mais chacun doit faire le sien.

J’ai à cœur également de raconter la vraie vie de chef d’entreprise : on a mal au ventre tous les jours et ça fait partie du job, c’est beaucoup de travail, de responsabilités, de stress pour créer ou maintenir des emplois. Il faut apprendre à souffrir, à être déçu voire trahi, à être critiqué, à se protéger sans devenir un tyran. L’équilibre n’est pas simple et parfois épuisant pour les dirigeants. Je dis ça mais je ne me plains pas, et je me rends compte de la chance que j’ai. La « vraie » histoire du quotidien du chef d’entreprise est rarement racontée car ce n’est pas dans notre culture. On privilégie l’image solide du PDG alors que partager ses doutes est important.

Il y a évidemment des compensations : l’adhésion des équipes en est une, une vraie satisfaction. J’ai toujours privilégié pour mes collaborateurs le bien-être au travail. Ça paye ! Mais ça se mérite aussi car je crois en la valeur travail. J’ai à cœur de maintenir une sorte de cocon familial dans ma « boîte », profiter, bien servir nos clients en s’amusant. J’ai envie de m’éclater, de rire et parfois de faire le clown, même en tant que dirigeant. Les « guéguerres » et la zizanie restent dehors ! Le jour où je n’ai plus ça, j’arrête !

Je revendique cette liberté d’action, de ne pas être otage de mon entreprise.

 

Quel serait le mot d’encouragement ou le conseil que vous adresseriez à ceux qui veulent se lancer ?

Il faut avoir en tête que c’est un combat et se préparer à travailler beaucoup. Il y a une phrase que j’aime beaucoup : « Chaque problème est un cadeau »… qui arrive parfois tardivement mais ça permet de positiver les situations compliquées.

Je leur dirais aussi : soyez vous-même, sincère et authentique, pour embarquer vos collaborateurs et vos clients dans votre aventure. Elle deviendra la leur !

 

Dans le contexte sanitaire, votre vision de l’entreprenariat a-t-elle évolué ? Quel impact a-t-il eu sur MV GROUP ?

D’un point de vue économique, l’impact lié au confinement a été inégal sur les filiales, mais toutes ont rebondi et je peux dire d’ores et déjà que l’année sera correcte.

Plus globalement, c’est même une chance pour le groupe d’avoir pu à cette occasion nous remettre en question, remettre en cause l’acquis. On a repensé beaucoup de choses et de nombreux changements sont actés ou sont en cours. Nous nous sommes notamment rendus compte que d’une certaine façon, nous nous étions « embourgeoisés » : on peut faire plus simple et plus malin, donc plus économique.

Egoïstement, j’adore être en mode « combat », qui génère plein de nouveaux projets. La COVID 19 nous a permis de retrouver l’agilité légendaire de MV Group… le fameux problème qui est devenu cadeau ! Mi-mars, nous assurions notre sécurité sanitaire, puis financière en avril. Depuis, on est en mode « Développement de business », avec en parallèle un plan d’économies et des projets innovants plein les tiroirs. On a fait pivoter en 3 mois un groupe de 250 personnes !

Quand tout va bien, on a tendance à ralentir un peu l’innovation. Mais dans ce contexte particulier, la barrière au changement a disparu. J’ai redonné l’impulsion et je suis de nouveau très opérationnel dans l’équipe. C’est ce que j’aime faire, j’adore trimer, puis je prends du recul. C’est ce que j’ai fait en 2019 : je sentais que je saturais, les projets étaient trop longs à finaliser. Je suis parti pendant 6 mois pour un « nettoyage du disque dur ». J’ai annulé tous mes rendez-vous et sur la base de ce tableau blanc, avec cet agenda vierge, je me suis concentré à distance sur un audit du groupe. J’ai tout remis à plat ! A mon retour, sur la base de cet audit, on a fait un séminaire avec le Codir pour un plan Stratégique « Waouh 2023 » pour réorganiser l’entreprise. Des ateliers avec tous les collaborateurs, avec des clients ont permis de valider les orientations et acter leur exécution.

Depuis, j’ai à cœur d’avoir une action ultra transversale, de limiter les silos et ainsi d’accélérer les projets. Marketing, Communication, Expertise… je me paie le luxe de changer de métier. C’est ça qui me plait ! Je déteste la routine et je suis persuadé que les projets sont générateurs d’énergie et de nouvelles dynamiques pour tout le monde.

 

Quel serait pour vous le mot qui définit votre action ou votre ambition ?

Alignement !

Mon ambition est que l’entreprise soit parfaitement alignée entre l‘image qu’elle donne à l’extérieur et son fonctionnement intérieur. Notre métier sur le digital induit une démarche pointue, moderne, hyperconnectée et agile pour des projets sur-mesure. En interne, je veux que ce soit pareil. On a supprimé par exemple les entretiens individuels « classiques » et à intervalles réguliers : ce sont les collaborateurs qui les déclenchent quand ils estiment avoir coché les cases des objectifs. On accepte qu’ils aillent plus ou moins vite selon leurs envies ou leurs capacités. Cela nous a été inspiré par une learning expedition au Danemark il y a 2 ans sur le thème « Entreprise à la carte ». On veut que les gens se comparent à eux-mêmes et pas aux autres et qu’ils conçoivent leur poste à la carte : nombre d’heures travaillées, horaires, RTT, home office… C’est un contrat de confiance entre eux et nous sur leur gestion du temps. S’ils sont contents et que les clients aussi, le contrat est respecté. Les règles sont affichées et connues de tous et le taux de fidélité est très élevé. On a même cassé l’évolution verticalisée. Je compare plutôt les opportunités de carrière à un rond-point : plusieurs pistes sont possibles, avec des passerelles, voire des retours en arrière à la demande des collaborateurs. Tout doit être possible, dans un état d’esprit positif et dans le respect du contrat de confiance qui nous lie.

Pour revenir à ce mot, l’alignement, je dors bien car je suis aligné !